Appelez-nous ! (418) 842.9670

Accident vasculaire cérébral et l’ajustement cervical

RÉSUMÉ DE LA CONFÉRENCE DU :Georges L’Espérance, Neurochirurgien, Président de la Société des experts en évaluation médico-légale du Québec (25 juin 2015)

 

Il croit que …:

  • Il considère que la chiropractie est efficace pour la plupart des problèmes lombaires usuels.
  • Il croit très fermement (science) qu’il y a une surmédicalisation majeure dans nos sociétés occidentales de façon générale et particulièrement dans les problèmes rachidiens : industrie du mal de dos et beaucoup de $$$.
  • Il croit (science) que la chirurgie n’a pratiquement aucune place dans les problèmes rachidiens courants et qu’il ne suffit pas d’avoir une colonne pour qu’il y ait indication chirurgicale.
  • Il croit fermement (épidémiologie) qu’il y a beaucoup plus d’incidents et d’accidents avec la médecine traditionnelle qu’avec la non-traditionnelle.

Dans les problèmes rachidiens courants, il croit que …:

  • La physiothérapie est inutile (science) et n’apporte rien ..  sauf pour les cliniques privées ($$) et les physiothérapeutes
  • Que les infiltrations sont le plus souvent inutiles (science) …sauf pour les cliniques privées ($$) et les médecins qui les font.   – et pour les radiculopathies bien définies.
  • Que le Neurontin, Lyrica et opiacés sont inutiles et dangereux (science).. sauf pour l’industrie pharmaceutique.

 

Dans sa pratique courante, le Dr l’Espérance rencontre 3 types d’accidents vasculaires cérébraux (AVC – “strokes”) : hémorragie intracérébrale, hémorragie sous-arachnoïdienne et lésion Ischémique ( 85 % des AVC).

Les accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir suite à une lésion intrinsèque ou une pathologie inflammatoire  des artères, favorisant la formation d’un thrombus (caillot) ou une dissection (déchirure) d’une artère du cou ou de la tête.

Les symptômes qu’on rencontre dans un AVC sont principalement :

Cervicalgie et céphalée (50 – 80 % des cas )

  • Étourdissements, vertiges
  • Migraine
  • Cécité ou baisse de vision unilatérale
  • Faiblesse d’un membre
  • Faiblesse d’un hémicorps
  • Étourdissements, vertiges, diplopie (vision double)
  • Élocution difficile
  • Perte de coordination

Le patient typique avec une DISSECTION ARTÉRIELLE vertébral est une jeune personne qui éprouve de graves maux de tête et des douleurs nucale à la suite d’une blessure à la tête ou au cou et développe par la suite des signes neurologiques focaux attribuables à une ischémie du tronc cérébral ou du cervelet.  Elle se présent avec des symptômes plus précis d’une lésion cérébrale :

  • Dysesthésie faciale ipsilatérale (douleur et engourdissement): le plus fréquent.
  • Dysarthrie ou enrouement (n. crâniens IX and X)
  • Perte du sens de gustation
  • Hoquet, vertiges, nausées, vomissements.
  • Diplopie ou oscillopsia
  • Dysphagia (n. crâniens IX and X)
  • Instabilité, déséquilibre
  • Perte d’audition unilatérale

Souvent il a été rapporté dans les journaux que les traitements chiropratique étaient une cause importante des AVC et plus particulièrement des dissections artérielles vertébrales (DAV) du cou.    Cependant la littérature indique qu’une DAV surgit spontanément suite à un mouvement trivial, un traumatisme mineur ou un traumatisme majeur.

Les activités suivantes ont été rapportées comme événements précédant une Dissection Artérielle Vertébrale:

  • judo, yoga, peindre un plafond, se moucher, contraceptifs oraux, activités sexuelles, HTA, anesthésie, manœuvres de réanimation, recevoir un shampoing, vomir, éternuer, soins chiropratiques….  Bref, n’importe quoi…

La littérature démontre aussi qu’en 1981, il y avait 1 accident pour 1 millions d’ajustement, alors qu’en 2001 il y avait 1 accident pour 5,85 millions d’ajustement.  Logiquement, on peut prétendre qu’il y avait plus de chiropraticien en 2001 qu’en 1981, donc plus d’ajustement et conséquemment plus d’accident.  Pourtant les statistiques ont tendance à démontrer une diminution des accidents alors qu’on devrait s’attendre à plus.  Pourquoi ? Meilleur formation ? Meilleur encadrement ? Statistiques biaisées ?

Ainsi, étant donné l’état actuel de la littérature, il est impossible de conseiller les patients ou les médecins sur la façon d’éviter la dissection de l’artère vertébrobasilaire ….” (traduction de : Haldeman et al, Spine 1999)

Le courant actuel de pensée (science) est à l’effet que la majorité des patients qui développent des symptômes francs de DAV suite à des manipulations chiropratiques étaient en fait des patients qui amorçaient ou étaient en train de développer le processus de dissection lorsqu’ils ont consulté.

L’incidence de la DAV après la manipulation de la colonne cervicale est inconnue. Le risque relatif de DAV après manipulation de la colonne vertébrale par rapport à d’autres interventions de soins de santé pour la douleur au cou, les maux de dos ou les maux de tête est également inconnu. Nous n’avons trouvé aucune étude épidémiologique qui valide un lien entre le DAV et la manipulation de la colonne cervicale. »  (Traduction de : L’association entre la manipulation du rachis cervical et la dissection de l’artère carotide: une revue systématique de la littérature.   Chadwick Chung, Pierre Côté, Paula Stern, Georges L’Espérance. (J Manipulative Physiol Ther. 3 janvier 2014))

D’un point de vue épidémiologique, les soins de chiropractie ne sont pas une cause de DAV chez les patients de plus de 45 ans. Ils ne sont ni nécessaires ni suffisants pour causer une DAV.

Si c’était une relation de cause à effet, tous les patients avec un accident vasculaire cérébral  aurait consulté un chiropraticien avant leur AVC.   Notre étude montre que seulement 3,2% des personnes ayant fait une AVC ont consulté un chiropraticien le mois précédent. »

Si les soins chiropratiques étaient suffisants pour créer un AVC, nous aurions une épidémie d’AVC liés à la chiropratique, étant donné qu’environ 12% des adultes canadiens reçoivent des soins chiropratiques annuellement. (Traduction : Hurwitz et al., 1998).”

Le problème des cas d’AVC est amplifié par le fait que le traitement initial supposé causal est donné par un professionnel non médical qui a plus ou moins une bonne réputation dans la communauté médicale, tandis que les conséquences du problème de santé sont traitées par le système médical et les médecins : (tous) beaucoup d’entre eux ont été formés à penser, sans aucune preuve réelle, que les AVC sont secondaires aux thérapies manipulatrices.  (Georges L’Espérance Neurochirurgien, éditorial !)

 

Laissez un commentaire